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Warhol

Référence : afl20103012art

Auteur : Agnès FIGUERAS-LENATTIER

Thème : Artistique

Date d'édition : 30/12/2010
Nombre de pages : 1

Article


Warhol : Vies multiples
CNRS Éditions

Ce sont vingt-quatre entretiens avec les deux frères, les intimes et les proches collaborateurs d’Andy Warhol que proposent ici Pierre-Paul Pulziz producteur et réalisateur et Jean-Michel Vecchiet réalisateur et plasticien. Des entretiens qui en disent long sur la personnalité de cet artiste et qui donnent le sentiment de vivre à ses côtés depuis son enfance jusqu’à sa mort.
Andy Warhol qui a souffert de la danse de Saint-Guy dans sa jeunesse était toujours en train de dessiner dès sa plus tendre enfance. D’après son neveu James, tout ce qu’il a été c’est grâce à sa mère qui a vécu vingt ans à ses côtés. Philip Pearlstein son ami de lycée confirme : « Elle faisait toutes les impressions de ses illustrations, a fait beaucoup de décorations qui apparaissent dans certaines de ses œuvres. Ils se ressemblaient vraiment beaucoup, avaient le même visage »… Andy Warhol qui était homosexuel avait trois types d’hommes idéals : Cocteau, Truman Capote et Cecil Beaton. Peu attiré par l’acte sexuel, il semblerait que c’était une personne très calme, très naïve, très amusante. Et un bourreau de travail fasciné par la célébrité et les personnes célèbres. Ultra Violet, la muse de Salvador Dali, dit de lui qu’il voulait devenir l’artiste le plus célèbre du monde et rentrer dans le système du mythe. Très informel dans sa façon de s’habiller (pantalons de daim noir, bottines ou chaussures éclaboussées de peinture), il venait d’une famille tellement pauvre qu’il avait toujours peur de revenir à cette période. Aussi gardait-il tout comme par exemple les timbres de chaque enveloppe. Souffrant de ne pas être beau, très maigre, les cheveux blancs, il pensait que tout le monde devait être beau. Et quand il faisait un portrait, il voulait que la personne ait l’air beaucoup mieux qu’en vrai. Il disait toujours « Si je m’autorisais à avoir des sentiments, je me suiciderais ». Mais autant déclare Bob Colacello journaliste célèbre aux États-Unis qui a passé douze ans auprès d’Andy il ne voulait pas montrer ses émotions, autant il avait une manière de vous séduire définitivement ». Gérard Malanga son plus proche collaborateur l’assistera dans ses travaux de sérigraphie. Devenu l’un des éditeurs fondateurs du magazine Interview, il explique qu’Andy fut à l’origine du concept d’interviews de personnalités. « C’est un concept qu’il a développé et qui maintenant est copié et semble banal ».
Dans ce livre, on voit Andy Warhol faire ses premiers pas dans le cinéma notamment avec son premier film « Sleep ». « Au début avoue Jonas Mekas le distributeur de la plupart des films produits par Andy dans les années 60 personne ne le prenait au sérieux. On prenait au sérieux son art, ses peintures, mais le cinéma en l’occurrence après Sleep pensait que c’était une blague, que ce n’était pas sérieux. Bien sûr je me devais de le défendre, c’était très excitant, quelque chose de nouveau au cinéma ». D’autres artistes par exemple Karl Lagerfeld s’expriment sur son cinéma. Et puis de nombreux témoignages évoquent avec émotion sa mort, l’enterrement qui se passa juste en famille et le mémorial avec de nombreuses stars de cinéma. Un livre très agréable à lire dans un style simple, limpide et qui devrait enchanter les fans de ce pape du pop’art.

Fiche auteur

Agnès Figueras-Lenattier a été joueuse de tennis professionnelle, classée huitième joueuse française. Elle a également été championne d'Europe des moins de vingt-et-un ans. Elle a ensuite travaillé en tant que journaliste dans de nombreux domaines comme le sport, la littérature, les spectacles ou l'ésotérisme. Pratiquant le sport tous les jours, Agnès Figueras-Lenattier adore lire, écrire, aller au théâtre et au cinéma.

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