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Michel Rousseau

Référence : afl20100503para

Auteur : Agnès FIGUERAS-LENATTIER

Thème : Paramédical

Date d'édition : 05/03/2010
Nombre de pages : 6

Article

Michel Rousseau
Michel Rousseau est kinésithérapeute depuis 1973. Il fait du drainage et de la rééducation gynécologique. Il est également réflexologue (la réflexologie est une discipline médicale relative au massage de zones précises du pied), et c’est de cette discipline dont il va nous parler au cours de cet entretien.



Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la réflexologie en 1995 ?
L’envie de progresser. Il est important d’étendre ses possibilités de traitement. Surtout en ce qui concerne la réflexologie qui représente une ouverture très globale au niveau de l’individu. Je connaissais un peu l’esprit de la médecine chinoise depuis de nombreuses années, et j’étais intéressé par le fait de globaliser les traitements.



Quelles sont les différences au niveau formation ?
C’est totalement différent. Reposant sur un système global, la réflexologie n’a rien à voir avec la formation classique qui est par secteur. On le constate avec la spécialisation de la médecine. C’est un autre domaine, un nouveau champ de compétence, et c’est une aide dans la pratique quotidienne. On peut accéder à certaines informations que l’on ne possède pas lorsqu’on sectorise.


C'est-à-dire ?
Prenons une personne qui se fait soigner pour un problème de dos. En médecine classique on regarde son dos, les radios, certaines choses. Mais on peut passer à côté de problèmes beaucoup plus profonds que les problèmes organiques. Il existe des problèmes autres à distance qu’il faut essayer de découvrir. La vision est bien plus large…



Qu’est-ce qu’on apprend au niveau des pieds ?
On sait depuis très longtemps que des zones correspondent à certains organes et qu’en les travaillant on arrive à soulager ou à harmoniser de nouveau un petit peu les problèmes. Et petit à petit ça s’est affiné avec les connaissances scientifiques. Maintenant on arrive à quantifier toutes ces zones, on arrive à bien les localiser et à obtenir un traitement plus intéressant.


Peut-on comparer la réflexologie à l’acupuncture ?
Oui, c’est le même esprit, l’acupuncture étant quand même une technique beaucoup plus pointue, et plus précise. Mais l’idée est la même, harmoniser de nouveau, libérer les tensions, et répartir l’énergie dans le corps.







Comment procédez-vous ?
Quand on observe une nouvelle personne, on commence par faire un bilan un peu général. On examine le pied dans sa globalité en faisant le tour de toutes les zones importantes du corps. Puis au fur et à mesure, on note un peu ce que l’on trouve, et on a une petite idée du déséquilibre. On analyse ce qui se passe en fonction de ce que la personne dit et des différents contacts avec les différentes zones du pied.



Comment établissez-vous ce bilan ?
Déjà par l’examen visuel. À savoir la texture des tissus, les zones épaisses, les zones fins, les zones rouges, les zones blanches. Puis après par palpation, on travaille un peu toutes les zones. Et en fonction de leur consistance, on arrive à sentir si c’est congestionné ou pas, si c’est souple, dur. On peut ainsi arriver à interpréter le résultat.



Qu’appelez-vous les zones blanches, les zones rouges ?
Ce sont les zones qui manquent de sang donc d’énergie et qui sont sous-employées. Les zones épaisses c’est la même chose, ce sont des zones qu’il faut assouplir. Il faut leur redonner de la vie. Il est important de faire le tour, de rationaliser par rapport aux différents éléments, et d’en tirer une conclusion. Ceci donne l’indication du traitement et les zones à travailler en priorité.



Et en général entre ce que dit la personne et ce que vous constatez, cela se rejoint-il ?
Pas toujours. Il existe des éléments dont les gens n’ont pas vraiment conscience. On arrive par cet examen à cerner un petit peu la personnalité des gens, à savoir leurs points faibles et on peut agir sur ces zones. Ce sont des petites faiblesses qui peuvent expliquer le pourquoi de la faiblesse au niveau d’un organe.



Que signifie un pied cambré ?
Ce sont des gens plutôt toniques, et puis parfois des personnes qui ont une petite déformation en rapport avec des tassements au niveau de la colonne vertébrale. Par exemple l’exagération des courbures au niveau de la colonne on les retrouve au niveau de la cambrure des pieds.


Et les orteils ?
Ce sont les zones qui correspondent à la tête. Et qui dit tête dit cerveau, yeux, oreilles, bouche, nez. On touche à beaucoup de domaines et il faut analyser cas par cas. Ce qui est classique en fait, ce sont les gens qui ont des problèmes respiratoires, de la sinusite et qui ont souvent le bout des orteils assez tendus…





La réflexologie soigne-t-elle un peu tout ?
Oui lorsqu’on touche à la globalité de la personne, les soins se rapportent à tous les domaines et sont préventifs. Donc quand la maladie est déjà là c’est difficile. Il n’y a pas de miracle, et en cas de pathologie très lourde la réflexologie est limitée. On ne va pas soigner un cancer, mais on peut aider la personne à lutter psychologiquement contre la maladie. On peut stimuler certaines zones dont on peut avoir besoin pour l’aider à soigner son cancer…



La réflexologie peut-elle prévenir le cancer ?
L’affirmer à 100% serait un peu risqué. Mais on peut effectivement par rapport à certains déficits aider par les zones du corps notamment celles qui correspondent à l’immunité naturelle. Mais on ne peut pas aller contre un profil génétique qui va favoriser. Les gens qui sont programmés pour faire un cancer, ce serait prétentieux de dire que l’on va les prémunir contre ce genre d’affection.



Quand vous faites une séance, dites-vous au patient de faire attention à ceci ou à cela ?
En ratissant large on peut dire « Là je sens quelque chose au niveau de votre estomac, vous avez un problème digestif ». Une fois j’ai dit à une femme « Attention, vous avez un petit souci gynécologique. Il faudrait peut-être voir de ce côté-là, il y a une petite réaction qui n’est pas normale. ». C’est de la prévention, le corps parle…



Au niveau de la dépression cela joue-t-il ?
Ça peut jouer. Il faut arriver à restimuler les gens. Il existe des zones qui redonnent de la vitalité, de l’énergie et qui permettent de lutter plus facilement.



Y- a-t-il des symptômes sur lesquels ça marche mieux que d’autres ?
En principe, il y a une réaction, mais comme dans toute thérapeutique, certaines personnes sont hermétiques. J’ai entendu dire qu’il y a à peu près 15 à 20% de la population réfractaire à l’acupuncture. Mais je n’ai pas les chiffres pour la réflexologie…


Combien de temps dure une séance ? Et à quelle fréquence ?
Quand on voit une personne pour la première fois, il ne faut pas loin d’une heure. Puis ensuite en fonction du soin il faut compter une demi-heure, trois quart d’heure. En ce qui me concerne côté fréquence on fait 2,3 séances assez rapprochées un petit peu comme une vaccination. Après, on peut espacer dans le temps, 1,2,3 mois. On fait un rappel en fonction des réactions pour redynamiser ce que l’on a déjà mis en route.



Est-ce que le fait de ne pas croire aux bienfaits de la réflexologie peut-il influer sur le résultat ?
C’est plutôt un pari, il faut convaincre. Le pire c’est que ça marche…


Existe-t-il parfois des réactions inattendues ?
On peut parfois avoir des réactions un peu plus violentes que celles qu’on imaginait. Un effet rebond qui se fait avec le temps. Je pense à une personne qui avait des problèmes de sommeil et de concentration au travail. Après la première séance, elle n’a pas dormi de la nuit et elle a passé une journée extraordinaire avec un dynamisme incroyable. En 48h, elle a retrouvé un équilibre normal.



D’autres exemples de réactions ?
Quelquefois, il y a des réactions assez spectaculaires en particulier sur certains troubles de la circulation. Des gens se sentent des ailes après. En 1 ou 2 séances ils voient une différence extraordinaire. Quelqu’un qui a une grosse crise de sciatique, qui ne peut pas trop bouger car il existe une inflammation, on peut le soigner par l’intermédiaire des zones réflexes du pied. On arrive à soulager très rapidement et très fortement la douleur. On peut parvenir à libérer un colon paresseux et faire que les gens se vident après. Les personnes qui ont de gros problèmes de sommeil peuvent se mettre à très bien dormir et retrouver leur équilibre. On va parfois complètement à l’inverse de ce qui existe.



Est-ce que ça peut servir de complément à la kiné ?
Oui un complément et parfois un indicateur. Si en kiné on se retrouve face à un problème que l’on n’arrive pas à comprendre c’est facile d’aller voir du côté du pied si on trouve quelque chose de caché. Au niveau rééducation ça peut aider aussi. Un exemple qui me vient tout de suite à l’esprit ce sont les problèmes d’épaules, de périarthrite. On trouve une zone toujours douloureuse la zone qui correspond à l’épaule. On peut donc accélérer un petit peu le processus et soulager. Comme on peut soulager une lombalgie avec la zone des lombaires…



Quels sont les symptômes pouvant faire penser qu’une séance est réussie ?
Des réactions dans les minutes ou les heures qui suivent peuvent survenir comme des sensations de froid. C’est assez classique avec la dispersion de l’énergie dans l’organisme. La partie surchargée se libère d’un coup et une adaptation s’effectue. Cela passe par une sensation de froid avant que ça ne se réchauffe…



Y a-t-il des personnes qui s’endorment ?
Oui ça arrive.



Peut-il survenir des réactions amusantes pendant la séance ?
La découverte de ses propres sensations peut parfois surprendre et faire sourire. Qu’est-ce qu’il me fait ? Est-ce lui qui me provoque cette réaction ? Je pense à une femme qui avait pas mal de soucis. Elle était venue pour des soins kiné et en est venue à la réflexologie. Lors d’une séance alors que l’on avait beaucoup travaillé la circulation, elle m’a rétorqué : « C’est extraordinaire, j’ai l’impression que vous donnez de l’air à mes jambes. ». J’avais trouvé ça très amusant…



Est-ce que la réflexologie peut aider à prendre moins de médicaments ?
À priori pourquoi pas. Il faut analyser au cas par cas. Et voir un petit peu avec le médecin où la personne en est dans son traitement. Et puis comment l’aider. En fait, tout dépend du domaine. Pour tout ce qui est pathologie inflammatoire ou rhumatismale, on peut même arrêter complètement le traitement anti-inflammatoire car il n’y en a plus besoin…



Et pour les effets secondaires ?
On ne peut pas se substituer, mais ça peut constituer un complément intéressant.



La sensibilité au niveau des pieds est-elle différente en fonction du sexe ?
On dit que les hommes sont douillets mais je n’ai pas remarqué de vraies différences. Mais j’ai pu constater que le pire c’est une femme douillette. C’est une horreur, un homme on négocie.



Et si ça n’agit pas ?
Il faut essayer de comprendre, de savoir ce qui s’est passé. On peut très bien ne pas discerner certains éléments ou mal les interpréter. Il faut reprendre. Mais qu’il n’y ait aucune réaction c’est assez rare finalement..



Est-ce que c’est forcément douloureux ?
Si quelque chose ne va pas, la zone incriminée peut être très douloureuse. Une douleur représente un signe, mais rien ne dit que c’est grave. Il faut l’intégrer dans l’acte et voir à quoi ça peut correspondre.



Les zones douloureuses sont-elles plus spécifiques à certains symptômes ?
Il existe des classiques, à commencer par la colonne vertébrale. Des zones qui sont dures, épaisses, douloureuses…


La réflexologie permet- elle de cerner la personnalité de l’individu ?
Oui. La consistance du pied donne une petite idée de ce qu’est le squelette de la personne. Rien qu’en regardant le pied, je pense que l’on peut arriver à décrire la personne si elle est cachée. Certaines personnes sont allées très loin dans ce style de recherche. Elles font des études en psychomorphopsychologie par rapport à l’examen du pied.



Pouvez-vous être surpris lors de l’examen des pieds ?
Oui, on arrive parfois à surprendre. Les patients sont étonnés de ce que je peux leur dire. Je leur dis que je suis surpris. « Je vous voyais plutôt ainsi, or vos pieds disent que vous vous comportez autrement ». Ils se demandent comment je peux deviner ce genre de choses. Mais avec les histoires d’équilibre au niveau énergétique on arrive à savoir.



Vous pratiquez la réflexologie sur vous ?
Oui sur moi et ma famille. J’ai un traitement préventif qui me sauve de la cortisone depuis plus de dix ans. Je n’en prends plus pour mes allergies à la poussière, aux acariens, aux graminées.



Et pour votre famille ?
C’est différent comme approche. La personne on la connaît, et on est vraiment dans le préventif. Quand mon fils a une réunion très importante, il me demande de le détendre un petit peu. C’est ponctuel…

Fiche auteur

Agnès Figueras-Lenattier a été joueuse de tennis professionnelle, classée huitième joueuse française. Elle a également été championne d'Europe des moins de vingt-et-un ans. Elle a ensuite travaillé en tant que journaliste dans de nombreux domaines comme le sport, la littérature, les spectacles ou l'ésotérisme. Pratiquant le sport tous les jours, Agnès Figueras-Lenattier adore lire, écrire, aller au théâtre et au cinéma.

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