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Françoise de Panafieu
Référence : afl20100209int
Auteur : Agnès FIGUERAS-LENATTIER
Thème : Interview
Date d'édition : 02/09/2010Nombre de pages : 7
Article
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Françoise de Panafieu
Diplômée de la chambre de commerce et d’industrie de Paris, elle est également titulaire d’une licence en sociologie de la faculté des Sciences Humaines de Paris. En 2000, elle est élue maire du CVII7 arrondissement et devient membre de l’UMP en 2002. Elle s’est déclarée pour la réouverture des maisons closes et contre la féminisation forcée des mots et des fonctions.
Quelle vision avez-vous du surnaturel ?
C’est un domaine que je n’ai jamais exploré. Ceci dit, je suis capable de croire que certaines personnes peuvent avoir une forte intuition. Qu’ils peuvent anticiper ou comprendre des événements avant qu’ils n’arrivent. Si on me dit que quelqu’un a des pouvoirs de médium, je suis prête à le croire. Il ne s’agit pas pour moi de gens qui communiquent avec les esprits d’en haut mais des gens capables de détecter. Probablement d’ailleurs car ce sont de très grands observateurs d’une part, et d’autre part parce qu’ils ont une forte capacité de réflexion et d’absorption. De ce fait, ils savent comment se situe l’interlocuteur, s’il dit vrai ou pas, s’il est heureux ou malheureux.
Avez-vous déjà consulté ?
Non jamais.
Seriez-vous prête à le faire ?
Pourquoi pas ? Mais je ne pense pas que ça jouerait sur ma manière d’agir. Je suppose que ce genre de consultation ne consiste pas à vous dire ce qui va se passer dans quatre mois. Je vois ça différemment et peut-être que le voyant aide à mieux percevoir les traits de sa personnalité. Et cette perception peut permettre d’exploiter telle ou telle situation à un moment donné ou s’être que le voyant aide à mieux percevoir les traits de sa personnalité. Et cette perception peut permettre d’exploiter telle ou telle situation à un moment donné ou à un au contraire s’en méfier à un autre.
Comment expliquez-vous que de nombreux hommes politiques aillent voir des voyants, des astrologues ?
Quand ils vont consulter, est-ce qu’ils veulent savoir ce qui va se passer dans un an ou veulent-ils à travers cet exercice que la personne les aide à mieux appréhender ? À mon avis, c’est plutôt la deuxième hypothèse. Je ne pense pas qu’ils arrivent en disant « Vous me tirez les cartes et je voudrais savoir ce qui va arriver dans huit mois ». C’est plus quelqu’un qui aide à un moment donné parce qu’on y croit et parce qu’on pense que la personne a vraiment de l’intuition. Elle aide à décanter, à faire la part des choses, à tracer une ligne.
Il existe beaucoup de charlatans au sein de la profession. Pensez-vous qu’en réglementant la profession on les éviterait ?
On n’évitera jamais les charlatans même dans les professions les plus réglementées. Vouloir les éviter est un rêve et aussi un leurre.
Croyez-vous à l’astrologie ?
Oui j’y crois. Je pense que les femmes y croient assez car elles savent que l’influence des astres est là, à certaines périodes de notre existence. Ce n’est pas pour rien qu’au moment de la pleine lune ou lors d’un très gros orage les hôpitaux sont pleins à craquer de femmes qui subitement viennent accoucher avec trois semaines d’avance. Des événements ont joué provoquant des déclenchements de situations inattendues. Ce n’est pas pour rien non plus que lorsqu’il va y avoir un orage que des migraineuses comme moi se couchent. On se dit « Vivement que l’orage arrive, je sais qu’il est par là et qu’il va me débarrasser de ma migraine. Quand il va neiger en montagne, je me couche la veille. Et dès que la neige a commencé à tomber ça va beaucoup mieux. On sent bien qu’on peut être influencé par la position des astres par rapport à la terre. Nous les femmes, nous avons une espèce de relation très spéciale avec la terre.
Vous a-t-on déjà fait votre thème astral ?
Oui, c’est Françoise Hardy qui l’a fait. Je dois avouer que je ne l’ai pas regardé. Au début, je voulais le faire et puis j’ai trouvé ça difficile à comprendre. Françoise Hardy est une femme très compétente dans son domaine et avait eu la gentillesse de me l’envoyer ; je ne voulais pas bâcler. Ça m’intéressait et je me suis dit que je le ferais plus tard quand j’aurais plus de temps. En fait, le temps a passé et je ne me suis jamais replongée dedans.
Que pensez-vous de la sœur dont la maladie de Parkinson a disparu après avoir invoqué Jean-Paul II ?
Je n’en pense rien et je suis perplexe. Ce n’est pas à moi de le dire. Il va falloir que des scientifiques se penchent sur la question, qu’un diagnostic soit fait.
Et les guérisons miraculeuses en général ?
(Elle réfléchit longtemps). Je n’ai pas vraiment d’idée non plus. Est-ce qu’il existe une capacité pour une personne très élaborée religieusement de capter ? Je n’en sais rien. Ça m’a toujours paru étonnant en tout cas.
Croyez-vous au pouvoir de l’esprit ?
Oui peut-être chez les grands mystiques qui se sont mis dans de telles conditions qu’ils peuvent probablement posséder des pouvoirs que nous n’avons pas.
Comme les stigmates par exemple ?
Oui, ils ne font pas ça pour le plaisir. Il règne quelque part une force intérieure à l’intérieur d’eux-mêmes qui n’est pas arrivée par hasard. Ils l’ont sollicitée et puis voilà les choses arrivent. Gandhi par exemple avait une force spirituelle assez stupéfiante avec une vie portée par un idéal de paix. Il effectuait un travail qui lui permettait cette méditation, cette entrée en lui-même. Cela lui donnait des pouvoirs que d’autres n’avaient pas du tout. Mais ça n’est pas arrivé par hasard. Il réfléchissait, priait, intériorisait et développait une spiritualité très élaborée. Rien n’est pire que de gâcher ses possibilités. Cet homme portait en lui cette capacité et il a parfaitement su la planifier.
Êtes-vous croyante ?
Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis totalement incroyante. En fait, il faudrait que je réfléchisse pour essayer d’approfondir le sujet et voir comment je me situe vraiment. A priori, je ne rejette pas l’idée d’une présence divine. Ma mère est plus déiste que catholique. Mon père était complètement agnostique. Quant à mon mari, il pense qu’une sorte d’ordre s’est mis en place et qu’il peut exister quelque chose. Moi j’attends un peu de voir.
Pensez-vous que l’on se réincarne ?
Non. Je pense que l’on part dans un tout, mais sans se réincarner.
Êtes-vous influencée par les couleurs ?
Il existe des couleurs que je n’aime pas comme l’orange. Mais je ne sais pas exactement pourquoi. C’est une couleur que je n’aime pas sur moi, que je trouve dure. Je n’ai pas envie de me blottir dans quelque chose d’orange, j’ai l’impression que ça me donne mauvaise mine. Je l’aime dans un jus mais pas autrement !
Quelles sont les couleurs que vous aimez porter lors des grands rendez-vous politiques ?
Je suis assez contrainte par mes couleurs personnelles. J’ai des cheveux blancs, des yeux très bleus, et le gris, le vert, le blanc, le noir sont des couleurs auxquelles je suis plutôt abonnée.
Les gens qui prétendent sortir de leurs corps qu’en pensez-vous ?
Sortir de son corps comme ça quotidiennement non. Je ne vois pas bien ce que ça veut dire marcher à côté de ses pompes, voilà. En revanche, j’ai toujours été habitée par le sentiment surtout quand ce sont des gens très proches qui meurent et que je me trouve à leur chevet qu’ils ne quittent pas tout de suite la pièce. Quelque chose se passe qui ne m’effraie pas du tout et qui me semble normal. Comme une perception de quelque chose qui est encore là. Peut-être est-ce parce que j’ai besoin de m’adapter à cette disparition que j’ai l’impression que la personne est là et qu’elle ne me quitte pas immédiatement ?
Quel rapport avez-vous avec les morts ? Pensez-vous que l’on peut communiquer avec eux ?
J’ai eu deux expériences très différentes dans ce domaine. Quand j’avais 17 ans, je révisais mon baccalauréat dans la maison de mes parents. Ma grand-mère était très malade, je savais qu’elle avait un cancer. J’ai vécu chez elle pendant un an et nous nous connaissions donc bien. Quand je l’avais quittée, elle n’était pas du tout au seuil de la mort. Puis la situation s’est aggravée extrêmement rapidement et en 24h, elle est décédée. C’était le matin, et je me suis mise à côté du téléphone car j’ai su qu’il se passait quelque chose. J’étais persuadée que le téléphone allait sonner et c’est effectivement ce qui est arrivé. On m’a annoncée sa mort. Une autre fois, j’ai eu le sentiment que la personne défunte était là. C’était quelqu’un avec qui j’étais très liée que j’avais l’occasion de voir quotidiennement et qui est mort du sida. La maladie a mis longtemps à évoluer et je me suis habituée progressivement à sa disparition. Mais curieusement après sa mort j’ai eu plusieurs fois le sentiment qu’il était là. C’était plus fort que dans ma pensée. J’attache une certaine importance à ces phénomènes mais je ne joue pas trop avec non plus. Certains membres de ma famille ont été un peu médiums et nous avons toujours été vigilants avec tout ça. Je constate mais je ne vais jamais au-delà.
Croyez-vous au destin ou plutôt au hasard ?
Je ne crois pas au hasard pur, du moins rarement. Pour moi, c’est une somme de choses. C’est du travail et du conditionnement personnel qui font qu’à un moment donné on est prêt à y aller. On est dans un état d’esprit qui rend capable d’affronter une situation. On l’espère même puisqu’on l’a intériorisée, et donc quelque part on la porte. Bien sûr, il arrive parfois des drames qu’on n’a jamais voulus. Mais par exemple dans le milieu professionnel, souvent on a fait en sorte que l’on vous propose des responsabilités. Ce n’est pas par hasard que l’on a pensé à vous, que l’on vous a repéré.
Selon vous, était-ce écrit que vous seriez Françoise de Panafieu ?
Non.
Croyez-vous au magnétisme ?
Je n’ai pas d’expérience à ce niveau là mais j’ai deux membres de ma famille qui vivent à la campagne et qui ont des magnétiseurs. Ceux-ci arrivent à faire des merveilles en imposant les mains.
Si vous deviez vivre une expérience surnaturelle laquelle choisiriez-vous ?
Donnez-moi des exemples.
Communiquer avec une personne très chère, se trouver dans une maison hantée ?
Non, pas ce genre de choses.
Alors un pouvoir surnaturel ?
C’est plutôt ça. Communiquer avec une personne très chère non. Le monde avance vite et j’ai envie de laisser les défunts tels qu’ils étaient à leur époque, paix à leur sens. Par contre guérir, soulager une situation difficile de quelqu’un, oui tout de suite.
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