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Le narcisse noir

Référence : afl20111801cine

Auteur : Agnès FIGUERAS-LENATTIER

Thème : Cinéma

Date d'édition : 18/01/2011
Nombre de pages : 1

Article

Le narcisse noir

Tout est beau dans ce film tourné en 1947 et la puissance qui en émane est certainement une des plus poignantes de l’histoire du cinéma. Sans compter le souffle incessant du vent et la force de la musique de Brian Esdale qui ne font que rendre l’atmosphère encore plus envoûtante. On vibre à souhait comme dans les plus belles mises en scène de théâtre. En effet, ce film a vraiment quelque chose de théâtral et de shakespearien côté exaltation et violence des sentiments. C’est l’histoire tirée d’un roman britannique écrit par Margaret Rumer Godden en 1939, de nonnes chargées de se rendre dans un ancien harem pour y fonder un dispensaire. Celui-ci va être dirigé par sœur Clodagh (Deborah Kerr ) femme de caractère têtue et obstinée… Un parfum, « le narcisse noir », va tourner la tête de ces religieuses qui chacune à leur manière vont vivre des perturbations d’ordre psychologique ou physique. Un agent anglais Monsieur Dean (David Farrar), bel homme à la conduite quelque peu dissolue, va enflammer le cœur d’une certaine sœur Ruth (Kathleen Byron ) qui finira par totalement perdre le contrôle d’elle même. Elle en deviendra diabolique… C’est la saison des pluies qui chassera ces religieuses. Tout ceci se passe dans un décor magnifique sur les contreforts de l’Himalaya. Et dans un somptueux palais abritant des personnages vêtus d’élégants habits aux couleurs chatoyantes. Ce sont Michael Powell et Emeric Pressburger les auteurs de ce chef-d’œuvre intégralement tourné en studio avec comme directeur de la photographie, Jack Cardiff, un des rares opérateurs européens à avoir été formés pour le Technicolor. Voici ce que dit Michael Powell à son sujet : « Pour son invention, son imagination, sa folle audace, Jack Cardiff reste unique dans le domaine de la photo en couleur. Les éclairages et la composition de Jack dans le « Narcisse noir » et « Les chaussons rouges » (film également réalisé par Michael Powell et Emeric Presseburger) auraient irrité Delacroix parce qu’il n’aurait pu faire mieux lui-même en imagination ou en clair-obscur. Et c’est vrai, il n’a d’ailleurs pas obtenu un oscar pour rien car c’est un virtuose du visuel qui sait parfaitement jouer avec les contrastes et donner à la lumière un effet terrifiant de beauté. On y retrouve la marque des impressionnistes et il règne un peu la même sublime teinte d’éclairage que dans French Cancan de Jean Renoir. Un petit bijou qui nous fait vivre des moments inoubliables et qui nous rappelle que l’art porté à sa perfection est vraiment un beau remède à tous les maux et à la bonne santé de l’esprit.

Fiche auteur

Agnès Figueras-Lenattier a été joueuse de tennis professionnelle, classée huitième joueuse française. Elle a également été championne d'Europe des moins de vingt-et-un ans. Elle a ensuite travaillé en tant que journaliste dans de nombreux domaines comme le sport, la littérature, les spectacles ou l'ésotérisme. Pratiquant le sport tous les jours, Agnès Figueras-Lenattier adore lire, écrire, aller au théâtre et au cinéma.

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